Garçons de café, artistes incompris, branleurs en tout genre, les médiocres d'aujourd'hui seront les oubliés de demain ! Ratés de tous bords, unissez-vous !
Le garçon de café évolue dans un espace ouvert au public: le café. Il est, de part sa raison d'être, la personne qui fréquente le plus ce lieu, non pas d'aisances, mais aisé à trouver dans le sens où on trouve au moins un café dans presque chaque rue de la capitale. Quant au lieu d'aisance, il est à l'intérieur du café. Parfois, le garçon de café s'y rend.
Sainte Bibine, patronne des loufiats, pardonnez-nous nos péchés, priez et buvez pour nous !
Pendant plus de trente ans Paul, garçon de café au Balto, porte d'Orléans, servit de pauvres bougres qui voyaient leur vie partir chaque jour un peu plus en eau de boudin. On ne comptait
plus les employés de bureau vieillis avant l'âge, les secrétaires décrépies, les attachés en tout genre, de direction entre autres, les bons à tout faire, les bons à rien aussi qui entraient tous
les jours dans le troquet .... Paul, impassible, son plateau à la main, servait et débarrassait les tables sans jamais se plaindre auprés de qui que ce soit. Il ne parlait pas, il écoutait juste
les commandes des clients. On ne lui connaissait aucune passion, pas même les courses, aucun vice excepté toutefois qu'il était - comme se doit de l'être un garçon de café normal - alcoolique.
Mais un jour, un matin plus précisement, une femme formidable, vint le voir et lui dit :