IMAGES ALEATOIRES

SAINTE BIBINE

Le garçon de café évolue dans un espace ouvert au public: le café. Il est, de part sa raison d'être, la personne qui fréquente le plus ce lieu, non pas d'aisances, mais aisé à trouver dans le sens où on trouve au moins un café dans presque chaque rue de la capitale. Quant au lieu d'aisance, il est à l'intérieur du café. Parfois, le garçon de café s'y rend.

ET POURQUOI ?

Sainte Bibine, patronne des loufiats, pardonnez-nous nos péchés, priez et buvez pour nous !

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Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /2007 00:08
    Le type, assis depuis plus d'une heure devant une tasse de café qu'il n'avait pas touché, se leva et d'un geste sûr lança au milieu de la salle un sac, normalement utilisé pour le transport de patates, rempli d'additions de café et de restaurants qu'il n'avait jamais réglé.
Les quelques clients, appelés également des "habitués", recroquevillés sur eux-mêmes avec un penchant certain pour l'ennui et un faible pour l'absence totale d'imagination, en transit dans ce café, tous les jours de la semaine excepté le samedi, le dimanche, les jours fériés, les vacances, les congés maladies et puis bien sûr le jour de la mort - cette grande salope qui empêche les gens de continuer à travailler - pour prendre leur petit déjeuner et en attente de déplier leur médiocrité dans de confortables bureaux, n'osérent lever le regard de leur table de peur peut-être de prendre un sac dans la gueule. Quand ils entendirent la porte du café se refermer derrière l'homme au sac qui partit sans payer sa consommation, ils poussérent un soupir de soulagement et, au moins pour l'un d'entre eux, un Directeur des Ressources Humaines, un pet étouffé entre les deux fesses poilues de la personne concernée pour éviter d'attirer l'attention des autres consommateurs. Cette même personne, le DRH, maintenant sûr que son vent rectal n'avait pas éveillé d'éventuels soupçons de la part de ses voisins de table, se leva de sa chaise et, en empoignant sa sacoche de travail, s'addressa à sa collégue de bureau avec qui il prenait réguliérement un café en rêvant de la culbuter dans le parking de la société -son imagination s'arrêtait là, au sous-sol - et lui dit :
    - Cet homme est un célèbre resquilleur.
Elle pensa "Tiens, un skieur a cette heure-ci, c'est rare". Elle jeta un regard discret sur la braguette protubérante du DRH en rêvant de se faire sauter sur le toit de l'immeuble de la compagnie. Leur timidité était un obstacle et le niveau de leur phantasme aussi.  
Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Raoul - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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