Dimanche 24 juin 2007
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Il s’appelait Jean-Marc mais ses copains de bistrot l’appelaient Jean-Malt à cause de sa prédilection pour le malt 10 ans d’âge, de préférence indien et
non pas irlandais. Une incongruité ? Non. Le pur-malt indien faisait 65°, à côté le pur-malt irlandais, c’était pour les PD, pas pour les hommes, les vrais comme Jean-Malt. Engagé dans la
légion étrangère à 30 ans, suite à l’assassinat à mains nus du chien de son voisin, il devint, à défaut de mieux, après six ans sous les drapeaux, garçon de café pour subvenir à ses besoins en
malt indien.
Il essaya en vain, à sa sortie de la légion, de créer une entreprise, un centre de relaxation de Shiotsu à Limoges.
Mais sa tentative d’imposer le Shiotsu, une technique révolutionnaire de relaxation orientale consistant à une méditation en position du lotus sur les lunettes des toilettes en se donnant du
plaisir mentalement et cela sans se caresser, s’avéra un échec total. Force est de constater que les rares adeptes limousins du Shiotsu ne réussirent à extirper de leurs corps que quelques étrons
qui leur procurèrent un certain soulagement mais aucun orgasme digne de ce nom. Après quelques mois d’efforts désespérés pour contracter de nouveaux membres, il se rappela les conseils de son
maitre, un légionnaire chinois originaire de Belleville, qui lui enseigna le Shiotsu en contrepartie de quelques faveurs physiques dont l’indécence ne peut être ici mentionnée : « Chier
n’est pas jouer ». Alors il abandonna la partie, déposa le bilan et rejoignit la cohorte de garçons de café désespérés à Paris, capitale nationale du Judo, et pour cause, bande de cons,
Paris est la capitale de la France.
Ses soirs d’ivresses, six nuits par semaine – le septième, il s’abstenait de se saouler à mort car il travaillait le dimanche de nuit – il entrait dans une crise alcoolique
monothématique où la nostalgie du Shiotsu, au bout du vingtième pur malt, issu du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, lui déchirait les entrailles provoquant une descente de son gros intestin à
son rectum, le long de son côlon, de minuscules étrons, dignes des calculs rénaux dont il était également affligé, et cela l’obligeait, bien entendu, à moins de chier
dans son froc, à rejoindre les chiottes turcs du Reinitas, porte de Bagnolet, où il avait ses habitudes, et de s’asseoir en position du lotus, par terre, au dessus du trou, à défaut de lunettes,
de lunettes non pas de vue avec une perspective sur le néant de sa vie mais de lunettes propres aux normes occidentales en matière d’hygiène qui tendent à imposer un certain confort pour caguer
mais également pour lire un journal, un livre ou penser à rien, au lieu de ce trou où Jean-Malt maintenant, oubliant la céramique recouverte de couches de merdes
fossilisées, jouissait sans entraves, seul, comme un con, et cela, sans les mains !
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Ah, les copains, si vous saviez… Le Shiotsu ! disait-il aux poivrots accoudés au zinc du Reinitas quand il ressortait des chiottes.
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Tu nous fais chier avec ton Shiotsu ! répondait en chœur ses copains.
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Ahmed, tu nous remets ça enchainait Jean-Malt, revenu de son voyage spirituel bien qu’entaché d'un peu de merde, à l'égal de sa
philosophie de la vie…
Alors le Malt, de nouveau coulait dans son œsophage et le Shiotsu… Ah ! Le Shiotsu, mes amis, si vous saviez…
Par monsieur Henri Kohainne
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Publié dans : Monsieur Paul
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