IMAGES ALEATOIRES

SAINTE BIBINE

Le garçon de café évolue dans un espace ouvert au public: le café. Il est, de part sa raison d'être, la personne qui fréquente le plus ce lieu, non pas d'aisances, mais aisé à trouver dans le sens où on trouve au moins un café dans presque chaque rue de la capitale. Quant au lieu d'aisance, il est à l'intérieur du café. Parfois, le garçon de café s'y rend.

ET POURQUOI ?

Sainte Bibine, patronne des loufiats, pardonnez-nous nos péchés, priez et buvez pour nous !

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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /2007 17:06
      Il devint ce qu'il était à même de devenir, c'est à dire pas grand chose.
    Ils s'enlacérent dans les toilettes pour homme, à côté d'une mare d'urine. Elle l'embrassa et prit conscience de sa supériorité, de ses atouts, entre autres : cul, seins, bouche pulpeuse, cuisses charnues, etc... Lui, respira et obtint d'un vague désir une érection qui se prolongea dans la minute qui suivit puis, absent, il éjacula sur la jupe retroussée de la cliente.
    Le lendemain, avant de prendre son service, il vérifia les poches de son gilet de garçon de café. Il trouva dedans, de la monnaie, un ouvre-bouteille plus communément appelé un limonadier, des stylos, des capsules de bouteilles, des bouchons de vin, des miettes de pain en pagaille, un morceau découpé dans un journal espagnol, un bonbon écrasé à moitié maché, un ticket de métro usager, un mégot de cigarette, une capote inutilisé, deux carnets pour prendre des commandes, des notes de consommation et enfin un mot tâché d'huile d'arachide, illisible. Le garçon de café s'interrogea sur l'origine de ce bout de papier. Il resta un instant songeur, l'air idiot. Puis, il remit tout son bazar dans ses poches, ajusta son noeud papillon et prit son service.
 
Par Monsieur Henri - Publié dans : Monsieur Paul
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Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /2007 01:17

        Sartre n'a jamais été garçon de café et c'est bien dommage. Mort, son oeuvre, ses pensées demeurent. Il est partout ! Je suis partout aurait pu dire son ancien voisin de table, Robert Brasillach mort fusillé pour tous les flics collabos et autres crapules devenues résistants le temps de chanter un ultime  Maréchal, nous, voilà ! Peut-être qu’un jour de 1942, dans un coin du Flore, notre Sartre descendit de ces hautes réflexions philosophiques pour considérer un truc qui bougeait au ras du sol. Peut-être une blatte, cousine de Joseph K. ? Non. Oh, surprise ! Un garçon de café ! Il dédia un texte de huit lignes à cet orthoptère vertical dont la capacité de ramper tient du prodige. Ecoutons-le :

  « Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d'un pas un peu trop vif, il s'incline avec un peu trop d'empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d'imiter dans sa démarche la rigueur inflexible d'on ne sait quel automate tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule, en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu, qu'il rétablit perpétuellement d'un mouvement léger du bras et de la main.

    Quel talent d’analyste ! Pendant que monsieur écrit, le cul posé sur une banquette en cuir, l’autre cavale en salle avec son air con et pose d’un geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, en s’inclinant avec un peu trop d’empressement, ses yeux exprimant un intérêt un peu trop plein de sollicitude, son vit sur l’épaule d’une octogénaire en lui disant « Madame désire ? ». Après il s’essuie. Pour le style, c’est  dommage que Rebatet, l’illustre et ténébreux auteur des Deux étendards, ne lui ait pas donné quelques cours.

    Roquentin, animé par son créateur bigleux, aurait-il pu être un garçon de café ? Sûrement. Au café des marronniers, l’homme, tel un garçon de café qui s’enfonce dans l’abjection de la servitude, est cet être, prisonnier de sa destinée, condamné à servir son prochain,  peut-être un client existentialiste de Saint Germain des Prés, contre le prix affiché, service compris, plus tout de même un pourboire si cet enculé de client onaniste n’est pas trop radin. Dans la version initiale de « l’existentialisme est un humanisme » Sartre nous enseigne que la volonté du client précède l’attente du serveur. Fort bien. Plus loin, il écrit : « L’origine de l’angoisse existentielle du patron de café se puise dans sa désorientation face à l’absence de clients en salle ». Son éditeur lui ayant dit « Jean-Paul, arrête de déconner », notre Sartre national prît la décision de ne plus picoler dans des rades pourris et se contenta d’une tasse de café pour écrire des choses, vues de l’extérieur et de la terrasse du Flore, bien moins marrantes pour la classe ouvrière, qui de toute façon ne lit pas Sartre ni l’humanité. Je me demande comment vit ce journal, si personne ne le lit plus. Même chose pour la classe ouvrière dont le seul intérêt reste les vieilles éditions Maspero désormais introuvables.

    J’aurais quand même bien voulu lui renverser – accidentellement, pour ne pas perdre ma place - mon plateau sur la gueule pour lui montrer mon manque d’équilibre et démontrer ainsi que le garçon de café n’est pas un funambule pas même un clown, juste un pauvre con, triste, seul et souvent alcoolique, avec un Monsieur Loyal d’origine auvergnate qui lui donne des coups de pieds au cul pour que le spectacle continue à la gloire de sa prestigieuse clientèle et surtout, de son tiroir caisse. Il convient de préciser que la nouvelle génération de garçons de café boit moins, elle se drogue pour compenser.

Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /2007 16:11
    A l'heure où nous mettons sous presse - virtuelle - la question du prochain référendum n'a toujours pas été formulée mais, déjà, plusieurs figures politiques issues de la gauche et de la droite se sont prononcées : "Cette fois, c'est non ! " ont-ils dit en substance.
    Pour sauter du coq à l'âne - entre nous, je vous conseille de ne pas le faire, contentez-vous de votre partenaire habituel, c'est moins risqué - plus que jamais, il faut nous mobiliser. Pour ceux qui le sont déjà, je demande :
     - Encore un effort, Français !
Et pour les autres, je le redis :
     - Mobilisons-nous !
    Et pourquoi ? crus-je entendre, à moins que non. Mobilisons-nous donc, pour exiger la libération d'un garçon de café nommé Gustave André retenu en otage depuis 1943 dans la ville de Clermont-ferrand par la Milice ou un service équivalent. Trop c'est trop, il faut le libérer. En espagnol, on dit "Basta, ya ! ". Le problème bien entendu, c'est qu'on ne sait pas où il est et si ces geôliers savent que la guerre des hommes bien qu'infinie est finie, enfin celle là, la deuxième guerre mondiale comme on a coutume de l'appeler.
     L'histoire de Gustave André, garçon de café au Rendez-vous du coin à Clermont-ferrand,  est aussi tragique  que médiocre. Il n'en reste pas moins que, bien que dépourvu de qualités morales et de qualités tout court, Gustave ne mérite pas une si longue captivité. Mobilisons-nous pour exiger de nouveau sa libération immédiate et pour qu'il puisse reprendre une vie normale dans le café où son patron, Louis Pierre, âgé de 118 ans, attend depuis 64 ans le retour de son souffre-douleur. Tout lecteur ayant des informations sur Gustave André ou sur un de ses geôliers est prié de garder le secret. Merci.
Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /2007 20:30
    Dans une interview exclusive, Monsieur Jacques L. nous avoue sa consternation après l'annonce du verdict prononcé par un tribunal constitué d'êtres anonymes "J'ai travaillé toute ma vie depuis l'âge de quinze ans, j'ai été marié une fois, je paye mes impôts, je vole certes, mais qui ne le fais pas ? Je ne peux pas admettre une telle injustice, je ne mérites pas ça. C'est injuste, on vit vraiment dans une société de merde !".
    Ayant dépassé l'âge de la retraite depuis cinq ans, Jacques L., garçon de café dans une brasserie parisienne, estime avoir le droit de travailler jusqu'à ce que mort s'en suive. "Je veux pas regarder la télévision tous les soirs et manger des merguez dans mon jardin le week-end avec mes amis, surtout que des amis, j'en ai pas. La liberté, j'en ai rien à foutre !". Le tribunal  a rejeté son appel.  Jacques L. sera donc condamner à une peine  incompressible de trente ans de liberté, avec obligation de vivre comme un rat libre pendant le temps de sa retraite. Après, le temps fera son travail. Ou avant, c'est selon.
Par Monsieur Henri - Publié dans : Monsieur Raoul
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Vendredi 19 janvier 2007 5 19 /01 /2007 15:49
         La guerre commença au mois de janvier de l'année en cours, dans le 7ème arrondissement de Paris, entre le café-brasserie-restaurant du Rond-point et le bar-tabac-PMU du Carrefour. Les deux bars, séparés par la rue du Général Boulanger, se faisaient face. Les employés du Rond-point avaient, jusqu'à ce mois fatidique, des relations fort courtoises avec ceux du Carrefour. Il leur arrivait même de trinquer ensemble au bar de La Diagonale.

    Les grandes années où les clients affluaient et dépensaient leur argent sans compter n’étaient plus qu’un lointain souvenir. Les deux cafés avaient leur clientèle respective, leurs habitués et les gens de passage entraient indistinctement dans les deux bars.  Qui aurait pu imaginer  qu'un  conflit d'une rare violence  allait éclater entre les deux cafés ?  Personne.

    Le premier incident survint un lundi, à midi pile. Monsieur Bernard Lafond, habitué des deux cafés - il achetait ses Gauloises et buvait son kir au Carrefour et déjeunait de temps à autre au Rond-point – s’engagea sur le passage-piéton qui séparait les deux bars. Maurice, garçon de café au Carrefour,  voyant traverser monsieur Bernard Lafond, sortit du bar pour le saluer et tuer le temps. Léonid, garçon de café au Rond-point, désœuvré, fatigué de regarder un couple de mouche virevoltée au cours d’un long ballet absurde sur la vitre de la porte d’entrée, fit de même.

-          Bonjour, monsieur Lafond lança Maurice.

-          Bonjour, monsieur Lafond dit au même moment Léonid.

    Monsieur Lafond entendit les deux appels et se trouva totalement désemparé. A qui répondre en premier ? pensa t-il alors qu’il se trouvait immobilisé au milieu de la rue. L’autobus articulé de la ligne 99 qui venait de la rue adjacente répondit pour lui à travers un coup de frein strident mais légèrement tardif. Un « Kropffeepsciiichttt » incompréhensible s’échappa du corps de monsieur Bernard Lafond quand l’autobus de la ligne 99 lui roula dessus. Lafond devint ainsi la première victime officielle de cette guerre entre les deux cafés qui commença suite à la mort malencontreuse de ce pauvre fumeur de Gauloises. Les deux cafés se renvoyèrent sur le dos la perte de l’habitué. Le lendemain même les hostilités commencèrent après qu’un client hésitant entre les deux cafés se retrouve littéralement écartelé par les garçons de café rivaux qui tirèrent de toutes leurs forces sur les deux bras du client pour le faire entrer dans leurs cafés respectifs. Chacune des parties opposées emmenèrent la partie, le bras en l’occurrence, comme un trophée symbolisant la victoire sur le concurrent d’en face. Quant au client, dépourvu d’appétit et de bras, il courut rapidement à l’hôpital Tenon se faire une greffe d’urgence. Aux dernières nouvelles il va mieux, même s’il a dû mal à s’habituer à ces nouveaux bras provenant d’un nain roumain suicidé par sa femme à barbe.

    La haine devint la nouvelle stratégie des deux bars pour garder le haut du pavé. Malheur au client qui s’aventurait sur le passage piéton pour entrer chez l’ennemi ! Les garçons de café, vêtus pour l’occasion d’uniformes militaires et de casques à pointe, obéissant à leur maréchal-patron, lapidaient, aussi sec, l’intrus avec différents projectiles comme des bouteilles, des fûts de bière, des chaises, des clients aussi, des assiettes, enfin avec tout ce que l’on trouve d’habitude dans un café. Cachés derrière leurs barricades, à l’aide de longs bâtons munis d’un crochet, les garçons de café essayaient de trainer à eux les badauds pour les obliger à consommer chez eux et participer ainsi à l’effort de guerre. Car, bien entendu, la recette baissait. Et les problèmes d’approvisionnement, propres à toute guerre, apparurent rapidement. Le Carrefour perdit son livreur de fruits et légumes suite à la sortie fort courageuse du patron du Rond-point chevauchant un magnifique pur-sang éthiopien qui se lança, sans peur et sans reproche, sur le passage piéton. Que pouvait faire  ce livreur des quatre saisons, armé d'une banane, face à ce gros auvergnat tenant d'une main les rênes de son cheval et de l'autre un hachoir ? Rien, sinon mourir le crâne fendu. La réponse du Carrefour ne se fit pas attendre : le jour de la livraison, le boucher du Rond-point mourut de ses blessures, devant la porte du café, suite à l'explosion d'une cocotte-minute piégée. Pourtant le lendemain, le cuisinier du Rond-point proposait aux rares clients un bœuf bourguignon alors qu’il n’avait pas été livré en viande depuis plus d'une semaine. D’où pouvait provenir ce bœuf ? Mystère. (Priez de laisser un commentaire pour m'aider à écrire la suite).          

Par Commandant Ricardo Franco - Publié dans : Monsieur Paul
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /2007 15:55
Un phénomène inquiétant a été aperçu dans le ciel de Toul dans la soirée du 13 janvier 2007. Une pluie de garçons de café, vétus de grotesques guenilles évocant l'accoutrement non moins ridicule de philosophes grecs qui, malgré le raffinement exquis de leur culture et la finesse de leurs pensées, n'ont pu empécher au cours des millénaires suivants la guerre, l'horreur, l'injustice, la souffrance, bref, la saloperie humaine, donc, en gros, cet averse de grêle garçonesque travestie en usurpateurs gréco-romaines tombait dans le ciel gris du département de la Meurthe et Moselle et les habitants du coin observaient cette possible manifestation anticipée de la fin du monde d'un oeil morne, l'autre rivé sur la télévision. On sait, de source sûre, que madame Vauban a dit ce soir-là à son mari, en fermant les volets de son pavillon de merde "Tiens, il pleut des garçons de café vétus de sacs de patates", lequel mari, accoudé à sa table révétu d'une toile cirée, à boire son ennui, s'est contenté de dire "Ferme la fenétre, il fait froid". 
Les premiers habitants de cette région étaient les Leuques, des fois, pour passer le temps, ils se bagarraient avec des gourdins pour réduire en bouillie la tête de leurs voisins, les Médiomatriques ou bien encore celles des Lingons ou des Sénéques (à ne pas confondre avec Sénèque, le philosophe, qui mourût fort courageusement en s'ouvrant les veines). La légende prétend que Jules César, en route vers la Germanie, serait descendu de cheval dans les parages de Toul, non loin de la ligne actuelle du TGV, pour faire ses besoins, suite à une chiasse carabinée, mais était-il vraiment malade ce jour-là ? Ne faisait t-il pas un peu la comédie ? Les archives historique de la ville de Toul restent flous sur ce détail qui, entre nous, est sans importance.
Les habitants de Toul sont les Toulois. La moyenne local du malheur par habitant est à l'échelle du niveau national.

Par Professeur André - Publié dans : Monsieur Paul
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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 20:05
Cette femme révéle au docteur Spoke, son mari, qu'elle veut un garçon de café plutôt qu 'un voyage sur Crab Nebula ou Alpha Centuri, en effet les femmes ont de tout temps été attirés par l'uniforme. Il faut reconnaitre que le costume noir et blanc des garçons de café est prestigieux, surtout quand son porteur merdophage arbore des médailles de gros rouge, exhibe sa crasse  vérolesque et exhale une insupportable puanteur de laxatif bistrotier. On comprendra, pour abréger le portrait, que le garçon des café suscite bien des phantasmes.
Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /2007 01:39


Table 115. Un couple.
Elle : Où étais-tu le 12 avril ?
Lui, d’un air fâché : Je m’en souviens pas.

 
Table 112. Deux jeunes révisent leur cours.
Le boutonneux, à son copain : Connais-tu la différence entre universabilité et irréversibilité ?

L'autre: Non, et toi?

 
Table 115. Suite et fin. Il s’en va. Elle pleure devant son café allongé.

 
Table 109. Une femme. Avec de gros seins, on ne voit rien d’autre. Il n’y a pas de dialogue car elle est seule. J’imagine vaguement ses soupirs si elle daignait accepter mon invitation silencieuse. Elle ne dit rien. Elle ne me voit même pas. A défaut de mieux, je me contente de la servir. C’est fou ce que je sers comme café allongé aujourd’hui.

 

Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Lundi 8 janvier 2007 1 08 /01 /2007 09:56

Dans son ouvrage "De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité" - livre que je n'ai pas lu et que je ne lirai jamais - Lacan ne parle t-il pas des garçons de café ? Peut-être, me direz-vous et vous avez raison.

Dans cette brillante introduction que je me flatte, de la main gauche, d'avoir stylisé dans le souci et le confort visuel d'improbables lecteurs sur ce réseau tentaculaire qui relie des âmes errantes à la recherche d'un sujet d'intérêt, comme le garçon de café, j'appréhende votre curiosité maladive - qui a peut-être (encore une supposition) pour origine un viol intra-utérin ou un dysfonctionnement organique de la vésicule biliaire - rejoignant la mienne dans un élan de fraternité internetien (le tien c'est le mien) pour continuer à communiquer avec cette régle d'or à ne pas détabouïser (formation du verbe à partir du mot tabou, boite de nuit aujourd'hui disparu, où Boris Vian et ses amis s'amusaient) : le souci de la clarté, la compréhension pour objectif et bien entendu, la qualité du service.

Le sujet étant clos, je vous invite à vous lever, à faire quelques mouvements de gymnastique autour de votre ordinateur - pour les plus feignants à se gratter l'oreille ou le fondement - et à entamer une série d'exercices intellectuels visant à mobiliser votre masse cérébrale  et à balancer cette dernière dans un mouvement de pendule gasconne. Attention ! A ne pas confondre avec un coucou alsacien au risque de donner un coup de tête à votre ordinateur. Si au bout de dix minutes, vous entendez le ressac des vagues, tout va bien. Dans le cas contraire, vous devez être à marée basse et alors, alors continuez jusqu'à ce que la mer monte en vous. Ne vous inquiétez pas les risque de noyade sont fort rares.    

Par Docteur Raoul - Publié dans : Monsieur Raoul
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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 23:31

Entracte-entrecôte

 Un. - Un garçon de café devient fou. Toutes les entrecôtes qu’il apporte à ses clients se mettent à se tordre de douleur dans leurs assiettes en suppliant le serveur de les épargner. Et il est seul, terriblement seul, car sa conscience le convainc de ne rien répéter à ses collègues, à son patron, aux clients. De ne pas leur avouer que la bidoche est vivante ! En train d’agoniser lamentablement entre des haricots verts,  moitié cuits, moitié pourris, d’origine péruvienne.

 

Deux. - Un serveur apporte une entrecôte à une femme mystérieuse - mystérieuse car elle n’a pas de téléphone portable à portée de main, à moins qu’elle le cache entre ses cuisses - et alors, alors elle prend le morceau de viande avec sa main gauche et se l’applique contre l’oreille, en rejetant avec un air de star – Catherine Deneuve, bien retapée, serait parfaite pour le rôle - ses cheveux en arrière, et dit « Allo ? » en appliquant ses lèvres recouvert d’un rouge écarlate contre la bidoche  et se met spontanément à pleurer devant le garçon de café car à l’autre bout du fil, son amant saigne. Il vient de se couper son sexe avant de mourir étouffé - on line - en avalant un morceau de travers devant l’écran de son ordinateur portable.

-       Ne pleurez pas madame, je suis là dit le garçon de café.

-       Qui ça ? demande la femme mystérieuse (Catherine Deneuve, donc) en regardant avec répulsion le type, accoutré d’un gilet noir dégueulasse et d’un tablier blanc crasseux, qui se tient  devant elle.

-       Moi, madame ! Ne vous fiez pas aux apparences, sous mon costume, je vis !

-       Vous !

-       Oui, moi madame répond fièrement le loufiat qui se sent devenir transparent (cf : The servant de Losey avec l’extraordinaire Dirk Bogarde).

Profitant de son invisibilité, il introduit sa main entre les cuisses de la femme et en conclut après l’avoir retiré, que définitivement, cette femme est un mystère. Pas de portable entre les jarrets.

 Trois.- À quatre pattes, au risque d’abîmer ses bas - c’est devenu assez rare pour le préciser - dans un restaurant, la Brasserie Lipp peut-être, sous une banquette, une femme cherche une entrecôte. Elle réussit à l’extirper délicatement entre la deuxième et troisième côte d’un vieux monsieur qui interpelle le garçon :

 

-      Garçon, un autre verre et fermez cette porte sinon je vais attraper froid.

Le garçon sert un autre Saint-Amour au vieux con et lui répond poliment que la porte est fermée.

-       Comme c’est étrange, j’ai froid dans le dos.

-       Je vous suggère de vous rapprocher du chauffage, monsieur propose le loufiat, exemple parfait d’hypocrisie et de bassesse humaine.

Le vieux con s’exécute et change de table.

-      Oh ! Mais vous avez un trou ! s’exclame l’auvergnat qui se tient comme tous les êtres dépourvus d’imagination, derrière le comptoir et devant la caisse, au milieu de nul part.

-      Au cul, comme tout le monde répond calmement le vieux con, sans prêter attention à l’homme tronc, en continuant les mots croisés du Parisien qui sont entre nous du niveau d’un débile profond, de ceux qui vont au boulot tous les jours.

-       Mais… Monsieur … ! Votre dos ! Là, on vous a retiré un morceau !

Le vieux con passe machinalement sa main dans le dos et sent un trou béat.  

-       Ah ! la salope, elle m’a tirée mon pognon ! s’écrie t-il.

-     Mais qui ? semblent demander tous les clients silencieux qui se passionnent spontanément pour n’importe quoi (en 2007, à Saint Germain des prés, le prix du mètre carré n’a d’équivalent que l’ennui que l’on y respire).

-      Une poule de luxe que j’ai levé et qui, profitant de cet état léthargique qui suit toute éjaculation chez l’homme - personnellement je ne ronfle pas - a dérobé le coffre-fort qu’un habile chirurgien avait installé dans une cavité de mon corps suite à la perforation de mon thorax par un obus de 40.

-       Permettez-moi de vous interroger sur le contenu de votre coffre fort ? demande l’homme tronc, intéressé par tout ce qui rime avec or.

-       Mon déjeuner.

-       Votre quoi ? qui dit l’homme tronc.

-       Bein, mon entrecôte. J’utilise mon coffre fort à l’occasion comme garde manger. Enfin, elle ne m’a pas fait les poches de mes couilles.

-       Encore un obus ? demande poliment le loufiat, qui se tient droit comme un manche à balais, parallèle évident avec la lavette horizontal qu’il est.

-       Mais non, mon vieux, sinon je serais mort depuis belle lurette. Pendant la guerre, un sergent passablement éméché a fait avaler une grenade à un clébard ; ce con n’a rien trouvé de mieux que de me péter entre les jambes et de me crever mes deux couilles. A la guerre comme à la guerre, j’ai dû les recoudre avec du fil nylon. Depuis je les utilise comme porte monnaie sans pour autant avoir de problème érectile. Tenez, garçon, apportez-moi un autre Saint-Amour et une entrecôte saignante.

 

Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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