IMAGES ALEATOIRES

SAINTE BIBINE

Le garçon de café évolue dans un espace ouvert au public: le café. Il est, de part sa raison d'être, la personne qui fréquente le plus ce lieu, non pas d'aisances, mais aisé à trouver dans le sens où on trouve au moins un café dans presque chaque rue de la capitale. Quant au lieu d'aisance, il est à l'intérieur du café. Parfois, le garçon de café s'y rend.

ET POURQUOI ?

Sainte Bibine, patronne des loufiats, pardonnez-nous nos péchés, priez et buvez pour nous !

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Mardi 27 mars 2007 2 27 /03 /2007 09:42
    - Le comptoir, c'est le parloir de Dieu affirma le barman en posant un demi sur le zinc.
    - Et combien ça coute de parler à Dieu demanda le client, un employé de la société Vinci.
    - Deux euros vingt, seulement.
Par monsieur Saint pierre - Publié dans : Monsieur Paul
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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 01:28
    Voilà. La viande animale n'était plus. Le dernier poulet avait rendu l'âme causant la mort de plus de cinquante personnes qui s'étaient entretués pour le bouffer.
    Au Maryland, boulevard de la victoire, le garçon de café avait nappé toutes les tables de la terrasse dés dix heures trente. Le soleil semblait vouloir éclairer de ses rayons les faces mornes des passants. L'astre tint ses promesses et aux environs de midi trente une dizaine de clients armés de couteaux arrivèrent.  Ils se jetèrent sur le garçon de café et le dépecèrent en moins d'un rien de temps. Puis, le patron lui-même, un homme grand et sec, apporta un petit lance flamme pour cuire la viande. Il revint pour servir les boissons. A la fin du déjeuner, il promit  aux habitués un nouveau garçon pour le lendemain. Les clients réglèrent leur addition et, satisfaits, ils quittèrent l'établissement, comme à leur accoutumée vers deux heures de l'après midi, pour retourner à leurs bureaux.
Par monsieur Raoul - Publié dans : Monsieur Raoul
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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /2007 16:45

    L'épreuve de supprimer de votre esprit les idées reçues que l'on vous aura inculqué depuis votre tendre enfance reléve de l'impossible. Enfin presque. En effet - et cet effet est radical - une méthode définitive existe : le suicide.

    Pour ceux qui résistent à penser que demain ne sera pas vain, un autre moyen demeure pour rester en vie en attendant la mort : la lobotomie à titre expérimental. Qu'est-ce ? crus-je entendre, et bien voilà... Nous arrivons enfin au coeur du sujet bien qu'il s'agisse de la tête.
    Prenez un tire-bouchon - un modèle courant acheté dans une grande surface fera parfaitement l'affaire - enfoncez-le dans la tempe gauche d'un garçon de café, si vous en avez un sous la main sinon essayez sur vous-même,  et retirez 500 grammes  de cervelle que vous déposerez délicatement dans une casserole en cuivre. Ajoutez un bouquet garni, un verre de xéres, du sel, du poivre et  quelques clous de girofle.  Portez à ébullition. Si quelques pensées s'échappent de la casserole, étouffez-les en  les recouvrant d'un torchon mouillé. Quand vous en avez marre, retirez du feu, c'est prêt.  Accompagnez  le plat de ce que vous voulez avec une bouteille de Croze-Hermitage. Bon appétit.

Par monsieur Raoul - Publié dans : Monsieur Raoul
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Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /2007 23:44
    Le garçon de café s'approcha de la table du client et lui dit :
    - Qu'est ce qui boit ?
Le client répondit :
    - Y boit rien.
Le garçon de café haussa le ton :
    - S'il boit rien, faut pas rester.
Le client, du tac au tac, ne se laissa pas faire et répondit en toute logique :
    - C'est celui qui dit qui est.
Et le garçon de café s'éloigna en maugréant.
   
Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Vendredi 2 mars 2007 5 02 /03 /2007 22:11

    Le mot est lancinant. Il virevolte dans ma tête comme une mouche à merde qui ne se lasserait pas de bourdonner dans chaque recoin de mon crâne. Entrecôte. Le mot jaillit avec son implacable fréquence depuis plus d’une heure sans que je réussisse à le chasser ni à expliquer sa présence au milieu de mon insomnie. Entrecôte. Dans l’obscurité de ma chambre, je perçois des ombres figées qui m’évoquent d’imperturbables clients en attente d’être servi. « Je fais ce que je peux » ai-je envie de leur crier, sans m’étonner outre mesure de leur attente fantasmagorique autour de mon lit.
    Mes nuits sont hantées par des cauchemars, prolongations de mes interminables journées de douze heures de travail. Ou plus, quand ce foutu boulot l’exige. « Il faut bien servir les clients tant qu’ils sont là, non ? » répète à satiété mon Robespierre. Robespierre, c’est mon patron. Du haut de sa tribune, un comptoir en l’occurrence, il harangue les quelques habitués de foutaises tirés de sa lecture matinale du Figaro.
    Un rêve récurrent envahit souvent mes nuits. J’effectue mon service le long d’une terrasse de café distante de plusieurs kilomètres. Le pressentiment que les clients ne soient plus là à mon retour après avoir pris toutes leurs commandes me terrifie. Je souffre en parcourant cette terrasse interminable en pensant que je n’arriverais jamais à sa fin. Mon sentiment d’impuissance est indescriptible quand je reviens, longtemps après, une heure, une éternité, avec mon plateau chargé de boissons, et que je trouve toutes les tables vides. Alors de nouveaux clients arrivent et je lance ma sempiternelle question : « Bonjour, vous désirez ? » en pressentant leur absence à mon retour. Sisyphe chez les loufiats. D’autres fois encore, quand j’ai du mal à m’endormir, il me semble que ma chambre est pleine de clients en attente d’être servi et je n’arrive pas vraiment à me convaincre que leur présence chez moi est impossible. Bien des fois, j’ai perdu ma vigueur érectile pour cette même raison, n’ayant jamais eu le phantasme d’être observé quand je baise, même s’il ne s’agit que de fantômes voyeurs.

Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 20:16
        Au cours des dix dernières minutes passées au bistrot, peu de temps avant la fermeture, un homme s’interroge sur les dix dernières années de son existence, alors le type commande rapidement au garçon de café les dix derniers verres qu’il boit à la chaine en se demandant si, dans les dix prochaines années à venir, quelque chose viendra interrompre le cours monotone de ces dix derniers verres qu’il a l’habitude de boire dans les dix derniers minutes, peu de temps avant la fermeture, et ce, depuis que dans les dix dernières années de son existence, il s’interroge sur les dix derniers verres à boire, à moins que ce soit sur les dernières années de son existence, alors, alors le type commande rapidement au garçon de café les dix derniers verres qu’il boit à la chaine en se demandant si, dans les dix prochaines années à venir, quelque chose viendra interrompre le cours monotone de ces dix derniers verres qu’il a l’habitude de boire dans les dix derniers minutes, peu de temps avant la fermeture, et ce, depuis que dans les dix dernières années de son existence, il s’interroge sur les dix derniers verres à boire, à moins que ce soit à propos de ces dernières années de son existence, alors, alors, alors, le type commande rapidement au garçon de café les dix derniers verres qu’il boit à la chaine en se demandant si, dans les dix prochaines années à venir, quelque chose viendra interrompre le cours monotone de ces dix derniers verres qu’il a l’habitude de boire dans les dix derniers minutes, peu de temps avant la fermeture, dans un café pourri, et ce, depuis que dans les dix dernières années de son existence, il s’interroge sur les dix derniers verres à vomir, à moins que ce soit, à propopos de ces dernières raclées... à sa résistance à dégueuler, je veux dire existence, alors, alors, alors, alors….
Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /2007 17:06
      Il devint ce qu'il était à même de devenir, c'est à dire pas grand chose.
    Ils s'enlacérent dans les toilettes pour homme, à côté d'une mare d'urine. Elle l'embrassa et prit conscience de sa supériorité, de ses atouts, entre autres : cul, seins, bouche pulpeuse, cuisses charnues, etc... Lui, respira et obtint d'un vague désir une érection qui se prolongea dans la minute qui suivit puis, absent, il éjacula sur la jupe retroussée de la cliente.
    Le lendemain, avant de prendre son service, il vérifia les poches de son gilet de garçon de café. Il trouva dedans, de la monnaie, un ouvre-bouteille plus communément appelé un limonadier, des stylos, des capsules de bouteilles, des bouchons de vin, des miettes de pain en pagaille, un morceau découpé dans un journal espagnol, un bonbon écrasé à moitié maché, un ticket de métro usager, un mégot de cigarette, une capote inutilisé, deux carnets pour prendre des commandes, des notes de consommation et enfin un mot tâché d'huile d'arachide, illisible. Le garçon de café s'interrogea sur l'origine de ce bout de papier. Il resta un instant songeur, l'air idiot. Puis, il remit tout son bazar dans ses poches, ajusta son noeud papillon et prit son service.
 
Par Monsieur Henri - Publié dans : Monsieur Paul
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Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /2007 01:17

        Sartre n'a jamais été garçon de café et c'est bien dommage. Mort, son oeuvre, ses pensées demeurent. Il est partout ! Je suis partout aurait pu dire son ancien voisin de table, Robert Brasillach mort fusillé pour tous les flics collabos et autres crapules devenues résistants le temps de chanter un ultime  Maréchal, nous, voilà ! Peut-être qu’un jour de 1942, dans un coin du Flore, notre Sartre descendit de ces hautes réflexions philosophiques pour considérer un truc qui bougeait au ras du sol. Peut-être une blatte, cousine de Joseph K. ? Non. Oh, surprise ! Un garçon de café ! Il dédia un texte de huit lignes à cet orthoptère vertical dont la capacité de ramper tient du prodige. Ecoutons-le :

  « Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d'un pas un peu trop vif, il s'incline avec un peu trop d'empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d'imiter dans sa démarche la rigueur inflexible d'on ne sait quel automate tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule, en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu, qu'il rétablit perpétuellement d'un mouvement léger du bras et de la main.

    Quel talent d’analyste ! Pendant que monsieur écrit, le cul posé sur une banquette en cuir, l’autre cavale en salle avec son air con et pose d’un geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, en s’inclinant avec un peu trop d’empressement, ses yeux exprimant un intérêt un peu trop plein de sollicitude, son vit sur l’épaule d’une octogénaire en lui disant « Madame désire ? ». Après il s’essuie. Pour le style, c’est  dommage que Rebatet, l’illustre et ténébreux auteur des Deux étendards, ne lui ait pas donné quelques cours.

    Roquentin, animé par son créateur bigleux, aurait-il pu être un garçon de café ? Sûrement. Au café des marronniers, l’homme, tel un garçon de café qui s’enfonce dans l’abjection de la servitude, est cet être, prisonnier de sa destinée, condamné à servir son prochain,  peut-être un client existentialiste de Saint Germain des Prés, contre le prix affiché, service compris, plus tout de même un pourboire si cet enculé de client onaniste n’est pas trop radin. Dans la version initiale de « l’existentialisme est un humanisme » Sartre nous enseigne que la volonté du client précède l’attente du serveur. Fort bien. Plus loin, il écrit : « L’origine de l’angoisse existentielle du patron de café se puise dans sa désorientation face à l’absence de clients en salle ». Son éditeur lui ayant dit « Jean-Paul, arrête de déconner », notre Sartre national prît la décision de ne plus picoler dans des rades pourris et se contenta d’une tasse de café pour écrire des choses, vues de l’extérieur et de la terrasse du Flore, bien moins marrantes pour la classe ouvrière, qui de toute façon ne lit pas Sartre ni l’humanité. Je me demande comment vit ce journal, si personne ne le lit plus. Même chose pour la classe ouvrière dont le seul intérêt reste les vieilles éditions Maspero désormais introuvables.

    J’aurais quand même bien voulu lui renverser – accidentellement, pour ne pas perdre ma place - mon plateau sur la gueule pour lui montrer mon manque d’équilibre et démontrer ainsi que le garçon de café n’est pas un funambule pas même un clown, juste un pauvre con, triste, seul et souvent alcoolique, avec un Monsieur Loyal d’origine auvergnate qui lui donne des coups de pieds au cul pour que le spectacle continue à la gloire de sa prestigieuse clientèle et surtout, de son tiroir caisse. Il convient de préciser que la nouvelle génération de garçons de café boit moins, elle se drogue pour compenser.

Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /2007 16:11
    A l'heure où nous mettons sous presse - virtuelle - la question du prochain référendum n'a toujours pas été formulée mais, déjà, plusieurs figures politiques issues de la gauche et de la droite se sont prononcées : "Cette fois, c'est non ! " ont-ils dit en substance.
    Pour sauter du coq à l'âne - entre nous, je vous conseille de ne pas le faire, contentez-vous de votre partenaire habituel, c'est moins risqué - plus que jamais, il faut nous mobiliser. Pour ceux qui le sont déjà, je demande :
     - Encore un effort, Français !
Et pour les autres, je le redis :
     - Mobilisons-nous !
    Et pourquoi ? crus-je entendre, à moins que non. Mobilisons-nous donc, pour exiger la libération d'un garçon de café nommé Gustave André retenu en otage depuis 1943 dans la ville de Clermont-ferrand par la Milice ou un service équivalent. Trop c'est trop, il faut le libérer. En espagnol, on dit "Basta, ya ! ". Le problème bien entendu, c'est qu'on ne sait pas où il est et si ces geôliers savent que la guerre des hommes bien qu'infinie est finie, enfin celle là, la deuxième guerre mondiale comme on a coutume de l'appeler.
     L'histoire de Gustave André, garçon de café au Rendez-vous du coin à Clermont-ferrand,  est aussi tragique  que médiocre. Il n'en reste pas moins que, bien que dépourvu de qualités morales et de qualités tout court, Gustave ne mérite pas une si longue captivité. Mobilisons-nous pour exiger de nouveau sa libération immédiate et pour qu'il puisse reprendre une vie normale dans le café où son patron, Louis Pierre, âgé de 118 ans, attend depuis 64 ans le retour de son souffre-douleur. Tout lecteur ayant des informations sur Gustave André ou sur un de ses geôliers est prié de garder le secret. Merci.
Par monsieur Paul - Publié dans : Monsieur Paul
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Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /2007 20:30
    Dans une interview exclusive, Monsieur Jacques L. nous avoue sa consternation après l'annonce du verdict prononcé par un tribunal constitué d'êtres anonymes "J'ai travaillé toute ma vie depuis l'âge de quinze ans, j'ai été marié une fois, je paye mes impôts, je vole certes, mais qui ne le fais pas ? Je ne peux pas admettre une telle injustice, je ne mérites pas ça. C'est injuste, on vit vraiment dans une société de merde !".
    Ayant dépassé l'âge de la retraite depuis cinq ans, Jacques L., garçon de café dans une brasserie parisienne, estime avoir le droit de travailler jusqu'à ce que mort s'en suive. "Je veux pas regarder la télévision tous les soirs et manger des merguez dans mon jardin le week-end avec mes amis, surtout que des amis, j'en ai pas. La liberté, j'en ai rien à foutre !". Le tribunal  a rejeté son appel.  Jacques L. sera donc condamner à une peine  incompressible de trente ans de liberté, avec obligation de vivre comme un rat libre pendant le temps de sa retraite. Après, le temps fera son travail. Ou avant, c'est selon.
Par Monsieur Henri - Publié dans : Monsieur Raoul
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