Dimanche 22 avril 2007
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Les clients du café du Commerce ne buvaient plus que deux genres de boissons, de la biére et du Coca-cola. Le patron avait fait son deuil du café, des sachets de thé, des sodas, du
pinard, des apéritifs et également du viandox. Plus rien ne se vendait à part la boisson d'origine outre-atlantique qui faisait roter et la boisson fermentée qui rendaient plus cons ceux qui
avaient une aptitude - innée comme la pédophilie et la tendance au suicide - à la connerie. Le garçon de café s'approchait des clients, ne disait plus ni bonjour, ni "qu'est-ce qui boit ?",
ni merde sinon "Coca ou biére ?", puis il rapportait les boissons et encaissait les consommations. Mais, un jour... un jour, un client vint s'accouder au comptoir du bar du Commerce et
commanda un verre de vin blanc. Le garçon derriére le comptoir fit mine de ne pas l'entendre et dit "Coca ou biére ?". Le client insista et répéta son désir de vin blanc. Enfin, le garçon,
contrarié, avoua son impuissance et dit 'Y en a pas". "Et du Bayrou, vous en avez ?" demanda le client en se tripotant les couilles. Alors, le garçon se fâcha pour de bon "Mais
puisque je vous dis, qu'on vend que du coca et de la biére, les gens y veulent rien d'autre, ni café, ni viandox, ni bayrou ! Vous comprenez, oui ou merde ?". Le client pissa contre le comptoir
et sortit du bar sans aller au deuxième café, faire un tour pour rien.
Par monsieur Henri Kohaine
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Mardi 10 avril 2007
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17:10
Il y a 4,5 milliards d'années la terre s'est formée et gigote depuis autour du soleil qui lui-même
gigote dans une espèce de voie dite "lactée" pour on ne sait quelle raison alors que les cent milliards d'individus qui ont gigoté de la vie à la mort sur cette terre avant de trépasser non
trouver ni la raison ni la voie. Autrement ça se saurait, non ? Dans ce dédale absurde et infini, entre toutes ces tranches de gigots trépanés, il nous reste Bach, De Gaulle, Le Greco, Cervantes
et quelques autres pour redonner du goût à la viande. Le Général, certes, on peut le retirer des recettes de cuisine, si les gens n'aiment pas son haleine et son allure de longue
asperge.
- Enfin, c'est cuit me dit Robert , en retirant le gigot du four.
Robert, c'est mon copain, il est garçon de café dans un célèbre - Sartre y venait - café de Saint Germain des Prés. Quand nos jours de repos coïncident, on bouffe ensemble, souvent on termine
bourré comme deux cons. Et puis merde.
Par Professeur Henri
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Jeudi 5 avril 2007
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00:45
Ca marche à tous les coups. L'être humain n'aime que deux choses - certains diront trois, mais c'est pas certain - le pouvoir et son avatar, l'argent, et le cul. Voilà. Mais, et les garçons de café? me demande un écho lointain, résurgence d'une interrogation tout aussi profonde que l'oubli de ce souvenir. Et bien, oui. La vérité est qu'ils sont comme tout le monde. Les garçons de café, n'est-ce pas? Cet aspect étant éclairci, il convient maintenant de recouvrir d'un voile sombre, la pratique solitaire de cet exercice en vous serrant la main qu'il me reste de disponible.
Par Professeur Henri
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Samedi 31 mars 2007
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23:01
Garçon de café ! Ne te lèves pas ! Ne bouges pas ! Restes croupi dans ta bassesse. Tu peux crever dans ta quintessence ordurière et obéir comme un chien à ton patron, pauvre sous-merde ! Tu ne changeras jamais. Tu te traineras jusqu'à la retraite, si tu y arrives, dans l'avilissement car tel est ta nature ! Soumis, servile. Sans rien voir, sans penser, c'est tellement plus facile. J'ai même connu un garçon de café qui préférait travailler sans cesse pour moins souffrir... Les garçons passent, la bassesse reste.
Par monsieur karl Marre
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Mardi 27 mars 2007
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09:42
- Le comptoir, c'est le parloir de Dieu affirma le barman en posant un demi sur le zinc.
- Et combien ça coute de parler à Dieu demanda le client, un employé de la société Vinci.
- Deux euros vingt, seulement.
Par monsieur Saint pierre
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Jeudi 22 mars 2007
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01:28
Voilà. La viande animale n'était plus. Le dernier poulet avait rendu l'âme causant la mort de plus de cinquante personnes qui s'étaient entretués pour le bouffer.
Au Maryland, boulevard de la victoire, le garçon de café avait nappé toutes les tables de la terrasse dés dix heures trente. Le soleil semblait vouloir éclairer de ses rayons les faces mornes des passants. L'astre tint ses promesses et aux environs de midi trente une dizaine de clients armés de couteaux arrivèrent. Ils se jetèrent sur le garçon de café et le dépecèrent en moins d'un rien de temps. Puis, le patron lui-même, un homme grand et sec, apporta un petit lance flamme pour cuire la viande. Il revint pour servir les boissons. A la fin du déjeuner, il promit aux habitués un nouveau garçon pour le lendemain. Les clients réglèrent leur addition et, satisfaits, ils quittèrent l'établissement, comme à leur accoutumée vers deux heures de l'après midi, pour retourner à leurs bureaux.
Par monsieur Raoul
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Mercredi 14 mars 2007
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16:45
L'épreuve de supprimer de votre esprit les idées reçues que l'on vous aura inculqué depuis votre tendre enfance reléve de l'impossible. Enfin presque. En effet - et cet effet est radical - une méthode définitive existe : le suicide.
Pour ceux qui résistent à penser que demain ne sera pas vain, un autre moyen demeure pour rester en vie en attendant la mort : la lobotomie à titre expérimental. Qu'est-ce ? crus-je entendre, et bien voilà... Nous arrivons enfin au coeur du sujet bien qu'il s'agisse de la tête.
Prenez un tire-bouchon - un modèle courant acheté dans une grande surface fera parfaitement l'affaire - enfoncez-le dans la tempe gauche d'un garçon de café, si vous en avez un sous la main sinon essayez sur vous-même, et retirez 500 grammes de cervelle que vous déposerez délicatement dans une casserole en cuivre. Ajoutez un bouquet garni, un verre de xéres, du sel, du poivre et quelques clous de girofle. Portez à ébullition. Si quelques pensées s'échappent de la casserole, étouffez-les en les recouvrant d'un torchon mouillé. Quand vous en avez marre, retirez du feu, c'est prêt. Accompagnez le plat de ce que vous voulez avec une bouteille de Croze-Hermitage. Bon appétit.
Par monsieur Raoul
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Samedi 10 mars 2007
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23:44
Le garçon de café s'approcha de la table du client et lui dit :
- Qu'est ce qui boit ?
Le client répondit :
- Y boit rien.
Le garçon de café haussa le ton :
- S'il boit rien, faut pas rester.
Le client, du tac au tac, ne se laissa pas faire et répondit en toute logique :
- C'est celui qui dit qui est.
Et le garçon de café s'éloigna en maugréant.
Par monsieur Paul
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Vendredi 2 mars 2007
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22:11
Le mot est lancinant. Il virevolte dans ma tête comme une mouche à merde qui ne se lasserait pas de bourdonner dans chaque recoin de mon crâne. Entrecôte. Le mot jaillit avec son implacable fréquence depuis plus d’une heure sans que je réussisse à le chasser ni à expliquer sa présence au milieu de mon insomnie. Entrecôte. Dans l’obscurité de ma chambre, je perçois des ombres figées qui m’évoquent d’imperturbables clients en attente d’être servi. « Je fais ce que je peux » ai-je envie de leur crier, sans m’étonner outre mesure de leur attente fantasmagorique autour de mon lit.
Mes nuits sont hantées par des cauchemars, prolongations de mes interminables journées de douze heures de travail. Ou plus, quand ce foutu boulot l’exige. « Il faut bien servir les clients tant qu’ils sont là, non ? » répète à satiété mon Robespierre. Robespierre, c’est mon patron. Du haut de sa tribune, un comptoir en l’occurrence, il harangue les quelques habitués de foutaises tirés de sa lecture matinale du Figaro.
Un rêve récurrent envahit souvent mes nuits. J’effectue mon service le long d’une terrasse de café distante de plusieurs kilomètres. Le pressentiment que les clients ne soient plus là à mon retour après avoir pris toutes leurs commandes me terrifie. Je souffre en parcourant cette terrasse interminable en pensant que je n’arriverais jamais à sa fin. Mon sentiment d’impuissance est indescriptible quand je reviens, longtemps après, une heure, une éternité, avec mon plateau chargé de boissons, et que je trouve toutes les tables vides. Alors de nouveaux clients arrivent et je lance ma sempiternelle question : « Bonjour, vous désirez ? » en pressentant leur absence à mon retour. Sisyphe chez les loufiats. D’autres fois encore, quand j’ai du mal à m’endormir, il me semble que ma chambre est pleine de clients en attente d’être servi et je n’arrive pas vraiment à me convaincre que leur présence chez moi est impossible. Bien des fois, j’ai perdu ma vigueur érectile pour cette même raison, n’ayant jamais eu le phantasme d’être observé quand je baise, même s’il ne s’agit que de fantômes voyeurs.
Par monsieur Paul
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Samedi 17 février 2007
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20:16
Au cours des dix dernières minutes passées au bistrot, peu de temps avant la fermeture, un homme s’interroge sur les dix dernières années de son existence, alors le type commande rapidement au garçon de café les dix derniers verres qu’il boit à la chaine en se demandant si, dans les dix prochaines années à venir, quelque chose viendra interrompre le cours monotone de ces dix derniers verres qu’il a l’habitude de boire dans les dix derniers minutes, peu de temps avant la fermeture, et ce, depuis que dans les dix dernières années de son existence, il s’interroge sur les dix derniers verres à boire, à moins que ce soit sur les dernières années de son existence, alors, alors le type commande rapidement au garçon de café les dix derniers verres qu’il boit à la chaine en se demandant si, dans les dix prochaines années à venir, quelque chose viendra interrompre le cours monotone de ces dix derniers verres qu’il a l’habitude de boire dans les dix derniers minutes, peu de temps avant la fermeture, et ce, depuis que dans les dix dernières années de son existence, il s’interroge sur les dix derniers verres à boire, à moins que ce soit à propos de ces dernières années de son existence, alors, alors, alors, le type commande rapidement au garçon de café les dix derniers verres qu’il boit à la chaine en se demandant si, dans les dix prochaines années à venir, quelque chose viendra interrompre le cours monotone de ces dix derniers verres qu’il a l’habitude de boire dans les dix derniers minutes, peu de temps avant la fermeture, dans un café pourri, et ce, depuis que dans les dix dernières années de son existence, il s’interroge sur les dix derniers verres à vomir, à moins que ce soit, à propopos de ces dernières raclées... à sa résistance à dégueuler, je veux dire existence, alors, alors, alors, alors….
Par monsieur Paul
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