Dimanche 29 avril 2007
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En ce temps-là, les mangroves poussaient à Paris à tous les coins de rues. Une douce lumière post-nucléaire imprégnait les restes de cette ville
qui fût jadis capitale de ce pays avant d’être rasé et annexé par l’empire du Mal.
La température avoisinait les 38° degrés, la norme saisonnière pour ce mois de janvier et le plus doux de l’année qui comptait désormais 13 mois.
Les représentants civils et militaires de la puissance occupante et quelques rares touristes appréciaient cette douceur pour visiter les ruines de l’ancienne capitale en se fendant la gueule de
voir ce qu’était devenue la ville des lumières : le vestige de l’ancienne arrogance d’une puissance intermédiaire occidentale métamorphosée en amas de ferrailles et de pierres
Au café Denfer, dans l’ancien quinzième arrondissement, face au squelette de la Tour Eiffel, détruite en 2015 par un Boeing 747 piraté par un
commando suicide, un client s’installa en terrasse, au milieu des détritus. Il appuya sur un bouton de la table. Un androïde de la nouvelle génération, vêtu de blanc et de noir comme les
traditionnels garçons de café parisiens, surgit de l’intérieur du café et vint prendre la commande.
- Qu’est-ce qui boit ? demanda le robot.
- Un tube de Voltarel, sac à merde aboya le client.
- Sac à merde toi-même répondit l’androïde programmé pour faire face à toutes les
situations, y compris exécuter les clients récalcitrants d’une décharge électrique de 100 000 volts.
L’androïde revint avec le tube de Voltarel, un puissant hallucinogène, très à la mode parmi les employés de bureau, et un verre d’eau. Le client
avala deux comprimés avec un peu d’eau. Le Voltarel fit son effet sur l’employé de bureau peu de temps après son administration. Complètement halluciné, le client crût se réveiller en 2008, au
même endroit, alors qu’il venait juste de sortir de son bureau, pas loin du métro Bir-Hakeim.
- Qu’est-ce qui boit ? demanda le garçon de café.
- Un Coca-cola, Raoul répondit sans regarder le client.
- Raoul toi-même murmura le loufiat, Raoul est un autre, moi c’est Raymond.