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Garçons de café, artistes incompris, branleurs en tout genre, les médiocres d'aujourd'hui seront les oubliés de demain ! Ratés de tous bords, unissez-vous !
Le garçon de café évolue dans un espace ouvert au public: le café. Il est, de part sa raison d'être, la personne qui fréquente le plus ce lieu, non pas d'aisances, mais aisé à trouver dans le sens où on trouve au moins un café dans presque chaque rue de la capitale. Quant au lieu d'aisance, il est à l'intérieur du café. Parfois, le garçon de café s'y rend.
Sainte Bibine, patronne des loufiats, pardonnez-nous nos péchés, priez et buvez pour nous !
- Vends collection complète Télé 7 jours du n°1 au 214001, cause double emploi et suicide. Référence 69582
- Perdu ouvre-boite, cadeau de mariage, forte récompense. Référence 45982.
- Vieux serveur alcoolique cherche maison de repos avec un comptoir en zinc pour boire en attendant la mort. Référence 25741.
- Etron sur pattes ayant arpenté moult terrasses parisiennes, un plateau à la main, cherche âme sœur pour conchier en elle. Référence 51489.
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Boire et baiser. Référence 458785.
- Je cherche un(e) ami(e). Référence 47522.
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Garçon de café usagé vend ses mémoires au plus offrant. Non sérieux et agences s’abstenir. Référence 41782.
- Vends cause impuissance gilet garçon de café, ceinture en cuir, trois godemichés en bon état, une paire de chaussure noir taille 55, un fouet birman, un masque en latex pour usage en club échangiste belge et une tondeuse à gazon et à main. Référence 452113.
En ce temps-là, les mangroves poussaient à Paris à tous les coins de rues. Une douce lumière post-nucléaire imprégnait les restes de cette ville qui fût jadis capitale de ce pays avant d’être rasé et annexé par l’empire du Mal.
La température avoisinait les 38° degrés, la norme saisonnière pour ce mois de janvier et le plus doux de l’année qui comptait désormais 13 mois. Les représentants civils et militaires de la puissance occupante et quelques rares touristes appréciaient cette douceur pour visiter les ruines de l’ancienne capitale en se fendant la gueule de voir ce qu’était devenue la ville des lumières : le vestige de l’ancienne arrogance d’une puissance intermédiaire occidentale métamorphosée en amas de ferrailles et de pierres
Au café Denfer, dans l’ancien quinzième arrondissement, face au squelette de la Tour Eiffel, détruite en 2015 par un Boeing 747 piraté par un commando suicide, un client s’installa en terrasse, au milieu des détritus. Il appuya sur un bouton de la table. Un androïde de la nouvelle génération, vêtu de blanc et de noir comme les traditionnels garçons de café parisiens, surgit de l’intérieur du café et vint prendre la commande.
- Qu’est-ce qui boit ? demanda le robot.
- Un tube de Voltarel, sac à merde aboya le client.
- Sac à merde toi-même répondit l’androïde programmé pour faire face à toutes les situations, y compris exécuter les clients récalcitrants d’une décharge électrique de 100 000 volts.
L’androïde revint avec le tube de Voltarel, un puissant hallucinogène, très à la mode parmi les employés de bureau, et un verre d’eau. Le client avala deux comprimés avec un peu d’eau. Le Voltarel fit son effet sur l’employé de bureau peu de temps après son administration. Complètement halluciné, le client crût se réveiller en 2008, au même endroit, alors qu’il venait juste de sortir de son bureau, pas loin du métro Bir-Hakeim.
- Qu’est-ce qui boit ? demanda le garçon de café.
- Un Coca-cola, Raoul répondit sans regarder le client.
- Raoul toi-même murmura le loufiat, Raoul est un autre, moi c’est Raymond.
Les clients du café du Commerce ne buvaient plus que deux genres de boissons, de la biére et du Coca-cola. Le patron avait fait son deuil du café, des sachets de thé, des sodas, du pinard, des apéritifs et également du viandox. Plus rien ne se vendait à part la boisson d'origine outre-atlantique qui faisait roter et la boisson fermentée qui rendaient plus cons ceux qui avaient une aptitude - innée comme la pédophilie et la tendance au suicide - à la connerie. Le garçon de café s'approchait des clients, ne disait plus ni bonjour, ni "qu'est-ce qui boit ?", ni merde sinon "Coca ou biére ?", puis il rapportait les boissons et encaissait les consommations. Mais, un jour... un jour, un client vint s'accouder au comptoir du bar du Commerce et commanda un verre de vin blanc. Le garçon derriére le comptoir fit mine de ne pas l'entendre et dit "Coca ou biére ?". Le client insista et répéta son désir de vin blanc. Enfin, le garçon, contrarié, avoua son impuissance et dit 'Y en a pas". "Et du Bayrou, vous en avez ?" demanda le client en se tripotant les couilles. Alors, le garçon se fâcha pour de bon "Mais puisque je vous dis, qu'on vend que du coca et de la biére, les gens y veulent rien d'autre, ni café, ni viandox, ni bayrou ! Vous comprenez, oui ou merde ?". Le client pissa contre le comptoir et sortit du bar sans aller au deuxième café, faire un tour pour rien.
Ca marche à tous les coups. L'être humain n'aime que deux choses - certains diront trois, mais c'est pas certain - le pouvoir et son avatar, l'argent, et le cul. Voilà. Mais, et les garçons de café? me demande un écho lointain, résurgence d'une interrogation tout aussi profonde que l'oubli de ce souvenir. Et bien, oui. La vérité est qu'ils sont comme tout le monde. Les garçons de café, n'est-ce pas? Cet aspect étant éclairci, il convient maintenant de recouvrir d'un voile sombre, la pratique solitaire de cet exercice en vous serrant la main qu'il me reste de disponible.